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PLUS
JAMAIS MALADE EN EURO IMMO
Plutôt
qu'une chronique sèche et journalistique, je
vous propose un passage de mon journal de bord - celui-là
même dont des extraits sont publiés tous
les deux mois dans les pages d'Abus Dangereux, à
croire que le secrétaire de rédaction
ne lit jamais les contributions des obscurs pigistes
Voici
donc les aventures parisiennes du Sofa Surfer (mézigue)
:
À la faveur d'une halte dans le troisième
arrondissement Philippe Dumez a eu la gentillesse
de me remettre le dernier numéro de son petit
fanzine dont le nom générique "Plus
jamais malade en auto" a été biffé
pour laisser la place à un "Plus jamais
malade en immo" de circonstance. Philippe Dumez
(son véritable patronyme devant rester confidentiel
pour des raisons professionnelles) y part à
la recherche d'un appartement pour lui et sa petite
famille. Le contexte nous apprend que sa compagne
Moutarde n'est autre que la talentueuse illustratrice
Colonel Moutarde : "il lui faut une pièce
servant d'atelier" et les oiseaux se rendent
à Bruxelles pour un festival de BD - en outre,
on ne doit pas trouver des centaines de filles à
porter un tel nom, même au centre ville de Dijon.
Ah ! Le Colonel Moutarde ! Je comprends mieux soudainement
pourquoi le couple collectionne les Cluedo
"Ça
te fera de la lecture pour le train" m'a fait
Dumez en me filant son zine. Tu parles. J'ai aussitôt
attaqué la lecture au boui-boui turc (pages
tachées d'aubergine) et sur le divan dans le
salon de la directrice du Nouveau Casino (pages non
tachées). Je tiens à préciser
pour la bonne réputation de tout le monde que
la seule créature avec qui j'ai partagé
mon sommeil s'appelle Gonzo et répond à
la description suivante : couleur orange, grandes
oreilles, gros bidon mou. Plus tôt dans la soirée
je vis Billy Childish en personne reprendre le "Fire"
de Jimi Hendrix et donner une leçon de classe
à tout le monde aux côtés de ses
Buff Medways. Etait-ce son épouse cette femme
rayonnante sur le côté de la scène
? Avec sa robe d'indienne, ses couettes et ses bottes
noires, on aurait pu la croire tout droit sortie d'une
pellicule de Russ Meyer. En prenant le métro,
je remarquai cette plaque didactique à la station
Montparnasse-Bienvenüe :
Devant cette merveille
Les gens de Romorantin
De Bordeaux et de Marseille
Viendront de leur patelin
Les
paroles sont de Briollet et Arnould, la musique est
de Dérouville, et le couplet date de 1904.
Une enquête rapidement menée par mes
soins a débouché sur cette vérité
sans appel : les gens sont effectivement venus de
Bordeaux et de Marseille. Certains se sont même
rencontrés. 1904, vous rendez-vous compte ?
Quelle faculté de prévision, c'est ahurissant.
Philippe Dumez hotline : philippedumez@noos.fr
[Guillaume
Gwardeath] - 17/05/2004
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